Économie / Entreprises

Créations d’entreprises : un record en septembre, mais une hausse mensuelle ralentie

L’Insee compte 119 307 créations d’entreprises en septembre, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. La hausse est de 1,1 % sur le mois, après 7,2 % en août. Sur trois mois, la progression atteint 16 % par rapport à 2025. Ces indicateurs ne mesurent ni les emplois créés ni la survie des entreprises.

Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le

Commerces du marché des Enfants-Rouges à Paris photographiés en mai 2016, archive d’illustration et non entreprises créées en septembre 2026
besopha, « Le marché », 6 mai 2016, Flickr via Wikimedia Commons, CC BY 2.0 ; original non modifié, cadrage d’affichage adapté ; archive, pas créations de 2026

L’essentiel

  • 119 307 créations Septembre, données CVS-CJO ; record de la série depuis janvier 2000.
  • +1,1 % sur le mois Après +7,2 % en août, chiffre révisé.
  • +16 % sur trois mois Juillet à septembre comparés aux mêmes mois de 2025, données brutes.
  • Micro-entrepreneurs : −1,6 % Repli mensuel malgré la hausse du total.

Un sommet de la série, pas une accélération mensuelle

Les créations d’entreprises ont atteint un nouveau record en septembre, selon la publication de l’Insee diffusée vendredi 16 octobre. Le total s’établit à 119 307 en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, dites CVS-CJO. Ce niveau est le plus élevé de la série mensuelle disponible depuis janvier 2000. La comparaison doit conserver ce même périmètre statistique : le nombre corrigé n’est pas le décompte brut des formalités déposées pendant le mois.

Le rythme de progression ralentit en revanche nettement : +1,1 % en septembre après +7,2 % en août. Les deux constats sont compatibles. Un niveau peut battre un record même lorsque sa croissance devient plus modérée, dès lors qu’il continue d’augmenter. Parler d’un effondrement de la création serait faux ; présenter septembre comme une accélération par rapport à août le serait aussi. Cette distinction entre niveau et variation évite de donner aux chiffres un sens qu’ils n’ont pas.

Les sociétés et les entreprises individuelles classiques portent le mois

Le détail montre des trajectoires différentes. Les créations de sociétés progressent de 5 %, à 28 293. Celles des entreprises individuelles classiques augmentent de 11,6 %, à 12 134. Dans le même temps, les immatriculations sous le régime de micro-entrepreneur reculent de 1,6 %, à 78 880. Ces trois catégories composent le total publié. Le record ne vient donc pas d’une hausse simultanée de toutes les formes d’entreprise.

L’expression « entreprises classiques » demande elle-même une précision. Pour l’Insee, elle regroupe les sociétés et les entreprises individuelles hors régime de micro-entrepreneur. Elle ne signifie pas « entreprises avec salariés », ni « entreprises industrielles ». Un changement de catégorie statistique ne permet donc pas de déduire directement la taille, le capital disponible ou le nombre de recrutements d’un projet. La catégorie juridique et la réalité économique d’une activité répondent à des questions distinctes.

Le +16 % concerne trois mois comparés à l’année précédente

L’autre chiffre marquant de la publication est la progression de 16 % du nombre de créations de juillet à septembre par rapport aux mêmes mois de 2025. Cette comparaison utilise les données brutes. Elle représente environ 45 500 créations supplémentaires sur le trimestre. Il ne s’agit ni d’une hausse de 16 % entre août et septembre, ni d’un taux calculé sur toute l’année 2026. Mélanger ces périodes ferait disparaître le ralentissement mensuel effectivement observé.

Les services de soutien aux entreprises, le commerce et l’information-communication apportent les plus fortes contributions à cette hausse trimestrielle. Cela désigne leur poids dans l’augmentation totale, pas nécessairement les trois taux de croissance les plus élevés de tous les secteurs. Une activité déjà importante peut apporter beaucoup de créations supplémentaires avec une progression relative plus modérée. La contribution et le taux répondent donc, là encore, à deux lectures complémentaires du même mouvement.

Une révision d’août et un indicateur à bien délimiter

L’Insee relève de 0,7 point son estimation de la variation d’août : +7,2 % désormais, contre +6,5 % lors de la publication précédente. Il explique cette correction par la révision des données brutes et l’actualisation des coefficients saisonniers et de jours ouvrables. Le chiffre révisé est le bon comparateur pour septembre. Ce mécanisme ordinaire de révision ne permet pas d’inventer une erreur nouvelle ou une alerte exceptionnelle que le communiqué ne formule pas.

La source est le Système d’information sur la démographie d’entreprises, alimenté notamment par Sirene et Sirus. La création correspond à l’apparition d’une unité légale marchande et productive sans prédécesseur, selon le cadre statistique européen. Cet indicateur ne renseigne pas à lui seul sur le chiffre d’affaires, la rémunération du créateur ou la pérennité du projet. Il ne faut surtout pas transformer 119 307 créations en autant d’emplois salariés supplémentaires.

Analyse : un signal d’initiative, pas un bilan économique complet

La progression constitue un signal favorable à l’initiative économique. Elle justifie de suivre les conditions concrètes dans lesquelles ces activités se développent : débouchés, financement, simplicité administrative et possibilité d’embaucher. Mais la publication ne démontre pas qu’une mesure fiscale déterminée a provoqué la hausse. Attribuer le record à un gouvernement, à une réforme ou à une stratégie numérique sans étude complémentaire reviendrait à confondre simultanéité et causalité.

L’objection utile à une lecture trop enthousiaste est donc la qualité future de cette dynamique, non la négation du record. Il faudra rapprocher les créations d’autres indicateurs, sans additionner des séries de périmètres différents : activité effective, emplois, survie et cessations. La prochaine publication mensuelle est annoncée le 18 novembre à 8 h 45. La photographie illustre des commerces parisiens en 2016 ; elle ne présente ni les nouveaux créateurs comptés en septembre ni l’état actuel de ce marché.

Sources principales

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