Économie / Pouvoir d’achat
Inflation : 3,1 % sur un an en septembre, malgré le recul des prix sur un mois
Les résultats définitifs de l’Insee révisent de 3 % à 3,1 % la hausse annuelle des prix en septembre. L’énergie augmente de 21,3 % sur un an. Le recul mensuel de 0,3 %, marqué par la fin de la saison touristique, ne signifie pas que le niveau des prix est revenu à celui de l’an dernier.
Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le

L’essentiel
- +3,1 % sur un an IPC définitif de septembre, après 2,4 % en août.
- -0,3 % sur un mois Recul de l’indice brut, effet saisonnier des services.
- +21,3 % pour l’énergie Variation annuelle, pas contribution de 21,3 points à l’ensemble.
- +1,5 % sous-jacent Mesure distincte de l’inflation totale.
Une révision à la hausse après l’estimation de septembre
Les prix à la consommation ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre 2026, selon les résultats définitifs publiés jeudi par l’Insee. L’estimation provisoire de fin septembre était de 3 %. La révision est donc de 0,1 point, et non de 0,1 % appliqué au chiffre précédent. En août, la hausse annuelle était de 2,4 %. La nouvelle publication confirme une accélération de l’inflation, sans décrire pour autant une hausse identique de chaque produit.
Sur un mois, l’indice brut recule de 0,3 %, après une progression de 0,7 % en août. Les deux résultats ne sont pas contradictoires : le premier compare septembre à septembre de l’année précédente ; le second compare septembre à août 2026. Une baisse entre deux mois peut donc coexister avec un niveau toujours supérieur à celui d’un an auparavant. Il ne faut pas additionner ces taux, qui ne portent pas sur la même période.
Le recul mensuel tient largement à la fin de la saison touristique
Les prix des services baissent de 1,4 % entre août et septembre. L’Insee relève notamment le repli des services d’hébergement, de 15 %, et de transport, de 9,8 %. Ces mouvements saisonniers contribuent à faire baisser l’indice général du mois. Ils n’autorisent pas à annoncer que tous les frais de logement ou tous les déplacements coûtent moins cher pour chaque ménage. Les catégories mesurées et les dates de comparaison restent essentielles.
Une autre lecture corrige ces variations saisonnières : l’IPC augmente alors de 0,8 % sur le mois, après 0,2 % en août. Ce résultat ne remplace pas discrètement le recul de l’indice brut ; il répond à une question différente. Présenter seulement l’un des deux chiffres pourrait donner une image incomplète de la dynamique. L’ajustement vise à distinguer les mouvements habituels du calendrier de l’évolution qui subsiste une fois ceux-ci corrigés.
L’énergie reste la poussée la plus visible
Sur un an, les prix de l’énergie augmentent de 21,3 %, après 16,7 % en août. Les produits pétroliers progressent de 36,2 %, dont 44,1 % pour le gazole et 25,7 % pour l’essence. Le gaz augmente de 19 % et l’électricité de 1,4 %. Ces hausses concernent les catégories de l’indice. Elles ne fournissent pas le nouveau tarif de chaque contrat d’énergie ni le prix précis d’une station-service.
L’énergie augmente aussi sur le mois, de 3,9 %, pour la troisième fois consécutive. Son évolution ne se confond donc pas avec le recul de l’ensemble des prix bruts. Une variation de 21,3 % pour un poste n’est pas une contribution de 21,3 points à l’inflation totale : les postes ont des poids différents dans la consommation. Nous ne présentons pas la hausse d’un seul secteur comme celle de tout le panier.
Alimentation et services accélèrent aussi sur un an
L’alimentation progresse de 1,4 % sur un an, après 1,1 % en août. Les produits frais augmentent de 9,5 %, tandis que l’alimentation hors produits frais avance de 0,4 %. Les services progressent de 2,4 % sur l’année, après 1,9 % en août. À l’inverse, les produits manufacturés restent légèrement moins chers qu’un an auparavant, avec une baisse de 0,3 %. Un constat d’inflation n’implique donc pas une hausse générale sans exception.
Le panier moyen ne reproduit pas toutes les situations individuelles. Un ménage très dépendant d’un véhicule, un autre consommant davantage de services et un troisième bénéficiant de conditions tarifaires particulières ne rencontrent pas exactement les mêmes variations. Mesurer l’évolution de leur pouvoir d’achat demanderait aussi leurs revenus, la composition de leurs dépenses et la période retenue. L’IPC seul ne prouve ni une perte de revenu réel identique pour tous ni son montant personnel.
Deux autres indicateurs, deux usages à ne pas mélanger
L’inflation sous-jacente atteint 1,5 % sur un an, après 1,1 % en août. Cet indicateur exclut notamment les tarifs publics et les produits à prix volatils, avec des corrections fiscales et saisonnières. Il ne remplace pas l’inflation totale ressentie lors du paiement des factures. L’indice harmonisé européen, l’IPCH, augmente pour sa part de 3,4 % sur un an. Il sert notamment aux comparaisons entre pays et possède un périmètre distinct de l’IPC.
La publication définitive confirme la hausse annuelle de l’IPCH, mais révise son mouvement mensuel de 0,1 point à la hausse. Les données provisoires et définitives ne doivent donc pas être conservées comme si elles étaient simultanément actuelles. L’Insee annonce les résultats provisoires d’octobre pour le 30 octobre, puis les définitifs pour le 13 novembre. Ces rendez-vous sont futurs : ils ne permettent pas de prédire le prochain taux.
Analyse : suivre le coût concret sans confondre les indicateurs
Le meilleur argument pour regarder le chiffre annuel est sa lisibilité : il compare le coût du panier à celui d’un an auparavant. Sa limite est qu’il peut masquer les changements récents et les écarts entre postes. Le chiffre mensuel apporte un complément, à condition d’en expliquer la saisonnalité. Aucun de ces indicateurs ne permet, seul, de mesurer l’efficacité d’une annonce gouvernementale sur les prix ou d’en attribuer tout le mouvement.
Pour les ménages, le suivi utile rapproche les prix effectivement payés, les usages et les revenus, sans promettre une compensation automatique. Pour l’action publique, il demande de distinguer aides annoncées, dépenses exécutées et résultats observés. Notre photographie est une archive d’un magasin de Stockholm en 2021. Elle illustre la consommation, pas un relevé de prix français ni la situation actuelle d’un commerce concerné par la publication.
Sources principales
- Insee, résultats définitifs de septembre 2026Source primaire, taux, décomposition, corrections et révisions.
- AFP,15 octobre à 9 h 48Recoupement de la publication et de la révision annuelle.
- Wikimedia Commons, Frankie FouganthinPhoto d’archive de Stockholm 2021, auteur, date et licence.
- Licence CC BY-SA 4.0Attribution, réduction et cadrage signalés, partage à l’identique.