Travail / pouvoir d’achat
Salaires : Macron appelle les branches à négocier, sans annoncer de hausse du Smic
Dans l’entretien enregistré le 28 octobre pour HugoDécrypte, Emmanuel Macron demande de relancer les négociations salariales dans les branches dont certains minima restent sous le Smic. Relancé sur une hausse du minimum légal, il renvoie aux décisions du gouvernement. Une grille conventionnelle trop basse ne permet pas, pour autant, de payer un salarié moins que le minimum légal applicable.
Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le · Mis à jour le

L’essentiel
- Les branches invitées à négocier Appel présidentiel, pas accord salarial conclu.
- Pas de hausse du Smic annoncée dans cette réponse Macron renvoie au Premier ministre et au ministre du Travail.
- Deux planchers distincts Minimum légal et grille conventionnelle ne se confondent pas.
- Entretien du mercredi 28 Vidéo originale complète, pas nouvelle déclaration du jeudi.
La réponse sur les salaires, après une longue discussion sur le pouvoir d’achat
Emmanuel Macron demande de relancer à court terme le dialogue salarial dans certaines branches professionnelles. Il l’explique dans l’entretien de plus d’une heure accordé à Hugo Travers, enregistré mercredi 28 octobre et diffusé sur la chaîne vérifiée HugoDécrypte - Grands formats. La séquence sur les salaires commence peu avant la cinquante-deuxième minute, après les échanges sur la pauvreté et l’énergie. Elle reste consultable dans son contexte, avec les relances du journaliste.
Le président vise les secteurs dont certains niveaux de rémunération conventionnels se trouvent sous le Smic. Il associe cette question au temps partiel subi et à la situation des familles monoparentales. Ce sont les priorités qu’il défend dans cet échange. L’entretien ne fournit pas un accord négocié entre employeurs et syndicats, une liste de branches parvenue à un compromis ou un calendrier commun de hausse des salaires.
Relancé sur le Smic, il ne fixe ni taux ni date
Hugo Travers lui demande si une augmentation du Smic serait préférable à des négociations branche par branche. Macron répond qu’il ne veut pas se substituer au Premier ministre et au ministre du Travail, puis revient à la priorité qu’il donne aux négociations. Le compte rendu d’Europe 1 publié jeudi matin rapporte la même orientation. Cette convergence confirme le contenu de sa réponse ; elle ne transforme pas une possibilité gouvernementale en décision.
Il faut donc distinguer deux propositions : demander que des grilles professionnelles remontent, et relever le minimum légal lui-même. Le président ne donne, dans cette séquence, ni pourcentage supplémentaire, ni date d’entrée en vigueur, ni montant net promis. Nous ne présentons pas non plus son refus de préempter une décision comme l’annonce que le gouvernement renoncerait à toute hausse. La question reste renvoyée à l’exécutif compétent.
Une branche sous le Smic ne dispense pas de respecter le minimum légal
La fiche officielle de Service Public précise qu’un minimum conventionnel inférieur au Smic doit être complété pour atteindre celui-ci. À l’inverse, lorsque le minimum prévu par la convention est supérieur, c’est ce minimum plus favorable qui s’applique. Une grille peut donc être en retard sur le plancher légal sans que ce retard autorise à verser librement un salaire horaire inférieur. Les situations particulières, notamment l’apprentissage ou certains salariés mineurs, demandent une vérification propre.
Le Smic peut évoluer par la revalorisation annuelle, par le mécanisme automatique en cours d’année ou par un coup de pouce gouvernemental. Ces voies sont distinctes d’une négociation de branche. Rappeler leur existence ne permet pas de prédire laquelle sera utilisée ni d’annoncer une date de paie. Ce repère général ne remplace pas l’examen d’un contrat, de la durée travaillée et des dispositions effectivement applicables à une personne.
L’objection : une relance des discussions ne donne pas un résultat immédiat
L’argument du président consiste à agir sur les grilles et sur la progression des rémunérations, plutôt qu’à réduire toute la réponse au seul niveau du Smic. Il présente aussi une progression des salaires qu’il juge trop comprimée au cours des carrières. Nous rapportons ce diagnostic politique sans publier une comparaison chiffrée entre pays qui n’aurait pas été vérifiée dans des données homogènes.
L’objection la plus forte est pratique : demander une négociation ne dit pas quand elle aboutira, qui signera et quels salariés bénéficieront effectivement d’un changement. Pour une famille qui doit financer ses dépenses courantes, l’annonce ne crée pas un revenu disponible supplémentaire dès aujourd’hui. Aucun retour original des partenaires sociaux répondant précisément à cette séquence n’a été obtenu ici. Nous ne leur prêtons donc ni approbation ni refus collectif.
Analyse : regarder les accords et les fiches de paie, pas seulement l’appel
Le suivi utile tient en quelques questions vérifiables : quelles négociations sont ouvertes après cet appel, quelles classifications sont révisées, quels montants sont retenus et à quelle date sont-ils applicables ? Un accord de branche et sa traduction dans les entreprises devront être documentés séparément. Sans ces éléments, il serait prématuré de mesurer un gain moyen ou de compter des bénéficiaires.
Cette exigence ne tranche pas, par préférence éditoriale, entre hausse légale et négociation professionnelle. Elle permet de comparer les promesses à leurs effets documentés sur le travail et le pouvoir d’achat. Notre lecteur conserve l’entretien original complet ; le passage salarial se situe autour de la cinquante-deuxième minute. Le portrait d’illustration date d’août 2024 et ne montre pas l’enregistrement de mercredi.
Pour apprécier un futur accord, il faudra aussi comparer les mêmes unités : salaire horaire, salaire mensuel et durée travaillée ne décrivent pas la même chose. Une progression affichée pour un temps complet ne doit pas être promise indistinctement à chaque salarié à temps partiel. Le suivi des revenus exige cette précision autant que celui des annonces.
Sources principales
- HugoDécrypte - Grands formats, entretien du 28 octobreSource originale ; séquence salariale vers 51 min 48 à 54 min 20.
- Europe 1, suivi publié le 29 à 8 heuresRecoupement des réponses salariales, pas annonce de hausse.
- Service Public, SmicMinimum conventionnel, complément et mécanismes de revalorisation.
- Wikimedia Commons, Simon DawsonPortrait du 28 août 2024, CC BY 2.0.
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