Économie / énergie
Pétrole et gaz : forte hausse en septembre, selon l’Insee
Le bulletin publié mardi par l’Insee chiffre à 16,5 % la hausse mensuelle du pétrole en euros en septembre, et à 21,2 % celle du gaz européen TTF. Le Brent atteint en moyenne 88,4 euros le baril, le gaz 75,3 euros par mégawattheure. Ce sont des moyennes de marché du mois dernier, pas les cours de ce mardi ni les augmentations à appliquer aux factures des ménages.
Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le

L’essentiel
- Pétrole en euros : +16,5 % Variation de septembre sur un mois, moyenne de 88,4 euros par baril.
- Gaz TTF : +21,2 % Variation mensuelle, moyenne de 75,3 euros par MWh.
- Gaz TTF : +133,1 % sur un an Comparaison annuelle distincte du mouvement mensuel.
- Publication du mardi 27 octobre Moyennes de septembre, pas tarifs de détail ni cours du jour.
Une accélération mesurée sur le mois de septembre
Les prix du pétrole et du gaz ont fortement augmenté en septembre, selon le bulletin publié le 27 octobre par l’Insee. Pour le pétrole exprimé en euros, la hausse atteint 16,5 % sur un mois, après 3,3 % en août. Pour le gaz sur le marché européen TTF, elle s’établit à 21,2 %, après 15,1 %. Ces comparaisons portent sur des moyennes mensuelles successives, pas sur le mouvement d’une seule séance.
Le calendrier compte autant que le pourcentage. Une donnée publiée mardi peut décrire une période déjà achevée depuis plusieurs semaines. Elle apporte un bilan statistique de septembre ; elle ne dit pas à quel prix un acheteur pourrait se procurer du pétrole ou du gaz le 27 octobre. Nous ne présentons donc pas ces hausses comme un saut des cours survenu ce matin.
Le Brent : distinguer la monnaie et la période
Le baril de Brent, référence de pétrole brut de la mer du Nord suivie par l’Insee, vaut en moyenne 101,8 dollars en septembre. Sa hausse mensuelle en dollars est de 15,6 %. En euros, la moyenne atteint 88,4 euros et la progression est un peu plus forte, à 16,5 %. L’institut attribue cette différence au rebond du dollar face à l’euro pendant la période.
Sur un an, les variations sont de 51,1 % en dollars et de 54 % en euros. Ces deux taux comparent septembre 2026 à septembre 2025. Ils ne s’ajoutent pas aux hausses mensuelles et ne doivent pas être utilisés à leur place. Une entreprise qui raisonne en euros et un lecteur qui regarde une cotation en dollars ne lisent pas exactement la même série, même si le produit de référence reste le Brent.
Le gaz augmente davantage sur un an
Le TTF est présenté par l’Insee comme le marché de référence européen du gaz, fondé sur des contrats à terme aux Pays-Bas. Son prix moyen de septembre atteint 75,3 euros par mégawattheure. Outre la hausse mensuelle de 21,2 %, le tableau fait apparaître une progression de 133,1 % sur un an. L’unité utilisée décrit un prix de marché pour une quantité d’énergie, pas le montant total d’un abonnement domestique.
L’uranium suivi dans ce même bulletin évolue différemment : son prix en euros augmente de 2,6 % sur le mois et de 17,6 % sur un an. L’Insee suit le cours de l’octaoxyde de triuranium, ou U3O8. Ces chiffres ne fournissent ni le coût complet d’une centrale ni une variation directe du tarif de l’électricité. Regrouper toutes les énergies sous un seul pourcentage masquerait ces différences de produit et de périmètre.
Pourquoi la facture de gaz ne se lit pas dans le TTF
La Commission de régulation de l’énergie distingue les coûts d’approvisionnement des autres composantes de la fourniture : coûts commerciaux, acheminement, stockage et rémunération du fournisseur. Sa documentation rappelle aussi que les offres dépendent de leurs conditions contractuelles. Une offre à prix fixe peut ainsi différer du prix repère, qui reflète des évolutions mensuelles et trimestrielles. Le prix de gros n’est qu’un élément du calcul.
Le prix repère publié par la CRE est indicatif. Il comporte un abonnement et un prix du kilowattheure ; ce n’est pas une offre commerciale à laquelle on souscrit. Les taxes figurent également dans la construction des prix de détail décrite par le régulateur. Notre article ne calcule donc pas une nouvelle facture pour chaque foyer et ne recommande aucun contrat. Appliquer mécaniquement 21,2 % au total d’une facture serait une extrapolation que ces données ne permettent pas.
Des moyennes, pas un relevé de chaque achat
La méthode de l’Insee précise que les prix énergétiques présentés sont des moyennes mensuelles. Le prix moyen n’est pas nécessairement celui payé par chaque acheteur à chaque date. Le bulletin décrit aussi les matières premières industrielles et alimentaires, mais celles-ci suivent d’autres séries. Les variations de métaux ou de denrées ne sont pas des contributions qu’il suffirait d’additionner à la hausse du pétrole.
Cette distinction vaut pour l’approvisionnement comme pour le pouvoir d’achat. Un prix de matière première ne mesure pas à lui seul le coût d’un produit fini, la marge d’une entreprise ou le revenu disponible d’un ménage. La prochaine publication de cette série est annoncée par l’Insee pour le 24 novembre à midi. Elle apportera une nouvelle période d’observation, pas une certitude sur l’évolution future des marchés.
Analyse : documenter l’exposition sans promettre un effet uniforme
Ce bilan rappelle l’intérêt de suivre séparément les références d’achat, les devises et les contrats. Pour apprécier l’efficacité d’une politique énergétique, il faudra examiner les coûts effectivement supportés et les mécanismes de transmission, pas seulement la variation d’une cotation. Les hausses de septembre constituent un fait documenté ; leur effet précis sur chaque entreprise ou ménage demande d’autres éléments.
Aucune annonce de rupture d’approvisionnement ou de nouvelle hausse réglementaire ne découle de ce bulletin. La photographie montre une installation industrielle normande en juin 2012. Elle situe le sujet, sans prouver l’état actuel du site, sa production ou son niveau de stock. Cette séparation entre l’archive, les prix observés et les conséquences à vérifier reste nécessaire pour informer utilement sur l’énergie.
Sources principales
- Insee, Informations rapides n°261 du 27 octobreMoyennes de septembre, prix énergétiques, variations et méthode.
- CRE, prix repère et méthodologieDifférences entre marché de gros, prix repère indicatif et contrats.
- CRE, explication des composantes du prix repèreFourniture, acheminement et taxes ; document de juin, pas annonce nouvelle.
- Wikimedia Commons, Philippe AlèsArchive de Port-Jérôme, auteur, date et licence.
- Creative Commons, CC BY-SA 3.0Attribution et adaptations sous la même licence.