Société

Prix Bayeux : Gaza, l’Ukraine et la Cisjordanie au cœur du palmarès

Le palmarès de la 33e édition récompense notamment le photographe Mahmoud Abu Hamda, une équipe du Washington Post et des reporters de NPR et CNN. Les résultats officiels distinguent jury, public et prix spéciaux.

Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le

Moulin sur l’Aure à Bayeux photographié en avril 2015, vue d’archive de la ville et non de la remise des prix de 2026
Jebulon, 30 avril 2015, Wikimedia Commons, CC0 1.0 ; original non modifié, cadrage d’affichage adapté ; archive de Bayeux, pas photographie de la cérémonie

L’essentiel

  • 33e édition Palmarès annoncé le samedi 10 octobre 2026.
  • Photo Mahmoud Abu Hamda reçoit le prix du jury et celui du public.
  • Sept trophées et trois prix spéciaux Deux circuits de récompenses à distinguer.
  • Lyse Doucet La journaliste de la BBC préside le jury international.

Un double prix pour Mahmoud Abu Hamda

Le photographe palestinien indépendant Mahmoud Abu Hamda reçoit le premier prix photo du jury international et le prix du public du 33e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Son reportage sur Gaza, intitulé Ce que la guerre laisse derrière elle, figure dans le palmarès publié samedi 10 octobre par l’organisateur. Les résultats ont également été rapportés pendant la nuit par l’AFP.

Ce double choix ne signifie pas que tous les prix ont été décernés par le même groupe. Le jury professionnel et le public disposent de leurs propres catégories. L’organisateur indique que près de quarante grands reporters se sont réunis à Bayeux les 9 et 10 octobre pour les délibérations. La présidence du jury international était assurée par Lyse Doucet, journaliste de la BBC. C’est le résultat de cette sélection que nous rapportons, pas un classement universel des médias.

Des équipes récompensées dans plusieurs formats

En presse écrite, le premier prix du jury revient à Siobhán O’Grady, Serhii Korolchuk et Anastacia Galouchka, du Washington Post, pour un reportage en Ukraine. Le travail distingué raconte le lien entre un soldat resté piégé pendant 177 jours et son épouse. Anas Baba, pour NPR, remporte la catégorie radio avec Recovering the Dead in Gaza. Ces intitulés et ces noms sont vérifiés dans le document original des résultats.

En télévision, Jeremy Diamond, Cyril Theophilos et Abeer Salman, pour CNN, sont récompensés pour Vengeance, un reportage consacré à la Cisjordanie. Cyril Theophilos obtient aussi le prix de l’image vidéo pour ce travail. Le titre du reportage exprime des accusations contre des soldats israéliens ; l’attribution d’un prix ne remplace pas l’examen de chaque élément de l’enquête ni le contradictoire des personnes mises en cause. Nous n’en reprenons pas ici les accusations comme des faits établis par notre rédaction.

Le prix jeune reporter, cette année dans la catégorie photo, distingue Jehad Alshrafi, de l’Associated Press, pour son travail sur Gaza. En télévision grand format, Fanny Morel, Jérémie Paire, Elodie Noiret, Loan Barbier et un journaliste palestinien dont le nom demeure anonyme sont récompensés pour un reportage de BFM TV. L’anonymat mentionné dans les résultats est conservé : aucun nom ne doit être déduit ou recherché pour le contourner.

Trois prix spéciaux, un autre regard

Le prix Ouest-France Jean Marin revient à Juan Martinez d’Aubuisson, pour Society, avec La chute de Port-au-Prince. Le prix Région Normandie des lycéens et des apprentis distingue Yogita Limaye, Sanjay Ganguly et Imogen Anderson, de BBC News, pour Crise en Afghanistan. Le troisième prix spécial est celui du public attribué à Mahmoud Abu Hamda. Il faut distinguer ces récompenses des sept trophées remis par le jury international.

Le palmarès ne se limite donc pas aux trois territoires qui dominent les premiers prix photo, écrit, radio et télévision. Haïti et l’Afghanistan y occupent également une place. Les deuxièmes et troisièmes prix, consultables dans le document officiel, donnent une vision plus large encore de la sélection. Les lecteurs peuvent retrouver cette liste sans dépendre d’une reprise tronquée ou d’une photographie isolée de la cérémonie.

Bayeux organise aussi la rencontre avec le public

La ville de Bayeux organise ce rendez-vous depuis 1994, avec le Département du Calvados et la Région Normandie. Sa présentation officielle explique que l’événement est né dans le cadre du cinquantième anniversaire du Débarquement. Il rend hommage aux journalistes travaillant dans des conditions périlleuses et associe les récompenses à une semaine de rencontres, d’expositions et d’échanges sur l’actualité internationale.

Le programme 2026 s’étend du 5 au 11 octobre. La cérémonie de samedi ne constitue pas à elle seule l’ensemble de cette semaine. Les actions à destination des scolaires, les rencontres et les expositions ont une fonction différente de la compétition : elles permettent de comprendre comment un reportage se construit et ce qu’il ne peut pas montrer. Les horaires et lieux de chaque rendez-vous doivent être lus dans le programme officiel, sans présenter un débat passé comme une rencontre encore à venir.

Analyse : un prix reconnaît un travail, pas une vérité automatique

La force de ce rendez-vous est de rendre visibles les auteurs et les conditions de fabrication de l’information. Un article, une photographie et un sujet radio ne donnent pas accès aux mêmes éléments : une image ne restitue pas toute une chronologie et une interview ne représente pas toutes les voix d’un conflit. Le nom d’une rédaction et la reconnaissance d’un jury sont des repères utiles, mais ils ne dispensent jamais de lire le document complet et ses limites.

Le meilleur argument critique à l’égard de tout palmarès est celui de la sélection : des professionnels choisissent dans les travaux qui leur sont soumis, avec leurs sensibilités et leurs critères. Une absence ne prouve pas qu’un événement est négligeable, et une récompense ne valide pas chaque conclusion d’un reportage. La lecture raisonnable consiste à identifier ce qui est primé, à distinguer observation et interprétation, puis à comparer les sources lorsque le sujet le demande.

Les photographies primées restent protégées par leurs droits. Leur présence sur une page publique, même assortie d’un bouton de téléchargement, ne constitue pas une autorisation générale de reproduction. Matière Publique utilise pour cet article une vue d’archive de Bayeux placée sous CC0 par son auteur. Elle situe la ville et n’est ni une photographie de la cérémonie ni un extrait du reportage récompensé. Les liens vers le palmarès permettent d’accéder aux œuvres dans leur contexte original.

Sources principales

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