Économie / travail
Services et commerce : l’activité marque le pas en août
La production dans les services et le volume des ventes du commerce reculent chacun de 0,1 % en août, selon les données publiées mercredi par l’Insee. Les évolutions sectorielles divergent et les chiffres de juillet sont révisés. Ces indicateurs ne mesurent ni les bénéfices des entreprises ni l’effet des événements d’octobre.
Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le

L’essentiel
- Services : −0,1 % en août Après +0,6 % en juillet, chiffre révisé.
- Commerce : −0,1 % en août Après −0,4 % en juillet, chiffre révisé.
- Le détail progresse de 0,3 % À l’inverse du commerce de gros et du commerce automobile.
- Juin à août : une hausse sur un an +1,3 % dans les services et +0,6 % dans le commerce, cumuls de trois mois.
Deux faibles baisses mensuelles, pas un bilan de l’automne
La production dans les services diminue de 0,1 % en août 2026 par rapport à juillet, selon l’Insee. Le volume des ventes de l’ensemble du commerce baisse également de 0,1 %. Les deux résultats sont publiés mercredi 21 octobre dans des numéros distincts d’Informations rapides. Leur date de publication ne doit pas faire oublier la période mesurée : ces chiffres concernent août, pas la situation des entreprises à la fin d’octobre.
Dans les services, la baisse succède à une progression de 0,6 % en juillet. Dans le commerce, elle suit un recul de 0,4 %. Ces valeurs de juillet sont les nouvelles estimations, révisées dans les publications de mercredi. Le rapprochement des deux indicateurs décrit une activité peu dynamique sur le dernier mois disponible, mais ne suffit pas à conclure à une récession générale ou à un recul uniforme dans chaque métier.
Dans les services, les spectacles reculent, l’hébergement progresse
L’évolution des services est contrastée. Les arts, spectacles et activités récréatives diminuent de 4,3 % en août, après une hausse de 3,4 % en juillet. L’Insee relie principalement ce mouvement à un contrecoup dans le spectacle vivant après des ventes exceptionnelles. Cette explication concerne la branche décrite ; elle n’est pas une cause établie du ralentissement de tous les services.
Les activités de services administratifs et de soutien baissent de 1,5 %, après +1,7 %. Les transports et l’entreposage reculent de 0,7 %, après −0,3 %. Ces postes contribuent à la faiblesse de l’ensemble, sans permettre de déduire la situation individuelle d’une entreprise ou le nombre d’emplois concernés.
À l’inverse, l’information-communication progresse de 1,1 %, après +1,2 %. Les activités immobilières gagnent 1,7 %, après +0,6 %. Les activités spécialisées, scientifiques et techniques augmentent de 0,5 %, après −0,8 %. L’hébergement-restauration progresse de 0,9 %, après +0,8 %. Présenter août comme un mois de baisse dans tous les services effacerait donc une partie importante des résultats.
Dans le commerce, le détail résiste mieux que le gros
Le volume des ventes du commerce de gros, hors automobiles et motocycles, recule de 0,2 % en août après −0,7 % en juillet. Le commerce et la réparation d’automobiles et de motocycles baissent de 0,6 %, après −0,9 %. Le commerce de détail hors automobiles et motocycles progresse pour sa part de 0,3 %, après +0,4 %.
Au sein du détail, les ventes hors magasin augmentent de 2,8 %, après −0,3 %. Les magasins non spécialisés progressent de 0,8 %, après +0,5 %. Les magasins spécialisés reculent de 0,5 %, après +0,5 %. Le commerce de carburants en magasin spécialisé baisse de 2,4 %, après +0,4 %. Ces regroupements statistiques ne décrivent pas à eux seuls la santé de tous les centres-villes ou de tous les commerces indépendants.
Il faut aussi distinguer volume et chiffre d’affaires en euros. Une évolution des prix peut modifier la valeur encaissée sans que les quantités vendues suivent le même mouvement. Les indices publiés ici ne donnent pas directement les marges, la trésorerie, le nombre de transactions ou les bénéfices. Ils ne constituent pas davantage une mesure de toute la consommation des ménages.
Le cumul de trois mois reste supérieur à celui de 2025
Sur juin, juillet et août réunis, la production des services est supérieure de 1,3 % à celle des mêmes trois mois de 2025. Les transports et l’entreposage progressent de 3,1 % sur cette comparaison, les activités spécialisées, scientifiques et techniques de 1,4 %, et l’information-communication de 1,8 %. Il ne s’agit pas du seul mois d’août comparé à août 2025.
Pour le commerce, le cumul de juin à août dépasse de 0,6 % celui de la même période un an auparavant. Le détail hors automobiles et motocycles gagne 2,8 %, le commerce automobile et sa réparation 0,4 %, tandis que le gros hors automobiles et motocycles recule de 0,6 %. Une légère baisse mensuelle et une hausse du cumul sur un an peuvent donc coexister : les périodes et les références ne sont pas les mêmes.
Pourquoi les chiffres de juillet changent
Les deux séries sont corrigées des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables, ou CVS-CJO, et exprimées en base 100 en 2021. Ces corrections rendent les mois plus comparables, mais les résultats restent révisables. Dans les services, juillet passe de +0,2 % dans la précédente publication à +0,6 %. Dans le commerce, il passe de −0,1 % à −0,4 %.
L’Insee explique les révisions par la prise en compte de déclarations d’entreprises tardives pendant les congés d’été et l’actualisation des coefficients de correction. Il faut lire août avec cette nouvelle estimation de juillet, pas additionner les révisions aux variations mensuelles pour inventer un indicateur supplémentaire. Les prochaines publications, portant sur septembre, sont annoncées pour le 20 novembre à 8 h 45.
Analyse : surveiller la suite sans prêter aux chiffres ce qu’ils ne disent pas
Le signal utile est celui d’un palier en août, avec des écarts marqués entre activités. La résistance du détail et de plusieurs services interdit un récit de contraction générale ; les baisses du gros, de l’automobile et d’autres branches interdisent aussi de parler d’une reprise homogène. Les prochains mois permettront de vérifier si ces écarts persistent.
Ces données ne peuvent pas mesurer les effets des violences du 17 octobre : la période observée leur est antérieure. Elles ne déterminent pas non plus le pouvoir d’achat des ménages ou la trajectoire complète du PIB. La photographie du ministère de l’Économie date de novembre 2015. Elle illustre le thème économique, sans prétendre montrer les ventes ou les entreprises observées en août 2026.
Sources principales
- Insee, Informations rapides n° 250 du 21 octobreProduction dans les services en août 2026, branches, révision de juillet et cumul juin-août.
- Insee, Informations rapides n° 251 du 21 octobreVolume des ventes du commerce en août 2026, détail, révisions et comparaison des trois mois.