Société / Santé au travail
UV au travail : l’Anses veut mieux prévenir et reconnaître les cancers de la peau
Une expertise de l’Anses conclut à un lien avéré entre exposition professionnelle aux ultraviolets et plusieurs cancers cutanés. L’agence recommande une meilleure prévention et un tableau de maladie professionnelle. Elle ne crée pas elle-même ce tableau ni un droit automatique à indemnisation.
Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le

L’essentiel
- Lien avéré Conclusion scientifique de l’Anses sur les expositions professionnelles.
- 3,5 millions Salariés exposés au travail extérieur et aux intempéries selon Sumer cité.
- Prévention collective Organisation et protection, pas seule crème solaire.
- Tableau recommandé Pas création réglementaire déjà décidée.
Le soleil fait aussi partie des risques professionnels
L’exposition aux ultraviolets ne concerne pas seulement les vacances. Dans une expertise rendue publique en octobre, l’Anses conclut à un lien avéré entre les expositions professionnelles aux UV et plusieurs cancers de la peau. La communication originale porte un en-tête du 14 octobre et annonce une publication de l’expertise le 15. Cette date de diffusion doit être distinguée de la rédaction de l’avis, signé en avril 2026.
L’agence prend en compte les sources naturelles et artificielles. Elle identifie un lien avec les carcinomes épidermoïdes cutanés, les carcinomes basocellulaires et les mélanomes cutanés. Elle conclut également à une relation causale avérée entre les UV artificiels du soudage et les mélanomes oculaires. Ces résultats scientifiques portent sur des expositions et des maladies définies. Ils ne permettent pas de diagnostiquer un salarié ni d’attribuer automatiquement chaque cancer à son travail.
Des métiers nombreux, pas une exposition identique pour chacun
La communication cite l’enquête Sumer de la Dares : environ 3,5 millions de salariés sont exposés au travail extérieur et aux intempéries, et environ 150 000 aux UV artificiels. Le premier chiffre ne mesure pas une dose individuelle de rayonnement et ne compte évidemment pas des cas de cancer. La durée, les tâches, l’environnement et les protections doivent être considérés séparément pour apprécier une situation de travail.
L’agriculture, les espaces verts, le bâtiment, les transports ou la distribution du courrier figurent parmi les activités concernées. L’exposition peut aussi être intermittente : vendanges, service en terrasse, entretien de pistes ou surveillance d’une récréation. La fraîcheur de l’air et le vent peuvent atténuer la sensation de chaleur sans faire disparaître les UV. L’altitude et les surfaces réfléchissantes, comme la neige ou l’eau, demandent également une attention particulière.
Organiser le travail avant de tout faire reposer sur le salarié
L’Anses insiste sur les mesures collectives et l’organisation. Elle demande que le risque solaire soit évalué et intégré au document unique d’évaluation des risques professionnels pour adapter la prévention. Ses exemples comprennent le report d’activités en cas d’exposition élevée et la limitation du temps au soleil par une rotation des postes. Il s’agit de concevoir une protection adaptée au travail réel, pas d’appliquer une solution universelle à tous les métiers.
Les vêtements couvrants, le chapeau, les lunettes et la protection de la peau peuvent faire partie de cette démarche. Ils ne remplacent pas l’examen des horaires, des zones d’ombre, des équipements et des contraintes de production. La prévention des UV artificiels demande aussi de considérer les procédés concernés, notamment le soudage. Une recommandation générale ne dispense pas de l’évaluation compétente du poste ni du suivi de santé au travail.
La reconnaissance et le repérage ne sont pas encore un nouveau droit automatique
Les conclusions constituent, selon l’agence, un argument fort pour créer un tableau de maladie professionnelle. Ce tableau faciliterait la reconnaissance et l’indemnisation des cancers concernés. L’Anses émet une expertise et des recommandations ; sa publication ne vaut pas création réglementaire du tableau. Aucun décret nouveau ni acceptation automatique d’un dossier personnel n’est annoncé ici. Le passage de la recommandation à la décision doit rester visible.
L’agence propose aussi de mieux former les médecins du travail aux examens dermatologiques et de systématiser un examen cutané dans les visites pour limiter les retards de diagnostic. Elle souligne l’intérêt d’un meilleur accès aux soins dermatologiques. L’article explique ces recommandations sans prescrire un dépistage ou un traitement individualisé. Une inquiétude sur une lésion ou une exposition personnelle relève d’un professionnel de santé, pas d’une comparaison avec la photographie de cet article.
Analyse : une prévention praticable et vérifiable
Le meilleur argument pour agir est d’éviter qu’un risque connu reste traité comme une fatalité du métier. L’objection pratique est réelle : une exploitation, un chantier ou un service ne peut pas toujours déplacer toutes ses tâches. Cela demande des solutions préparées, compatibles avec l’activité et discutées avec ceux qui travaillent. Cette contrainte ne transforme pas l’absence de protection en résultat satisfaisant ; elle impose de juger les dispositifs sur leur usage réel.
Le suivi utile portera sur l’évaluation des postes, les protections effectivement disponibles, la formation et l’accès à la médecine du travail. Un nombre de personnes potentiellement exposées n’est pas une mesure des cancers évités. Inversement, l’absence de tableau nouveau à ce jour ne rend pas inutile la prévention. Notre photographie montre des vendanges en 2019 ; elle illustre un travail extérieur sans documenter une exposition mesurée, une maladie ou une faute de l’employeur.
La prévention solaire décrite par l’INRS précède cette expertise. Elle ne doit pas être présentée comme une règle créée cette nuit.
Sources principales
- Anses, communication d’octobre 2026Source primaire, conclusions et recommandations ; datation de diffusion distincte de l’avis.
- Anses, avis et rapportDocument scientifique signé en avril 2026.
- INRS, rayonnement solairePrévention de référence, page actualisée en décembre2022, pas nouvelle obligation créée en octobre2026.
- Wikimedia Commons, OpsylacVendanges à Nuits-Saint-Georges,22septembre2019, archive et licence vérifiées.
- Licence CC BY-SA4.0Attribution et partage à l’identique.