Santé

Vaccination des adultes : des progrès, mais des publics encore peu couverts

Santé publique France publie un bilan des vaccinations en 2025. Les taux varient fortement selon le vaccin et le public étudié. Les chiffres ne décrivent pas la campagne de cet automne et ne permettent pas, seuls, d’expliquer les écarts.

Par la Rédaction de Matière Publique · Publié le

Façade d’une pharmacie à Pessac en janvier 2016, photographie d’archive illustrative sans lien avec les personnes étudiées
PA, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, archive du 17 janvier 2016 ; photographie illustrative, sans lien avec la couverture vaccinale locale

L’essentiel

  • 26,2 % Couverture pneumococcique des personnes de 65 ans ou plus à haut risque, au 31 décembre 2025.
  • 5,2 % Schéma complet contre le zona chez les 65 ans ou plus à cette même date.
  • 2025 Année des données : ce n’est pas un bilan de la campagne d’octobre 2026.

Un bilan récent sur des données antérieures

Santé publique France a publié le 8 octobre un bulletin national consacré à la vaccination des femmes enceintes, des seniors et des adultes à risque en 2025. La date de publication est récente, mais les observations portent sur une période antérieure. Il ne s’agit donc pas d’un résultat de la campagne de l’automne 2026. Cette distinction est indispensable pour lire les chiffres sans transformer un bilan rétrospectif en état instantané de la population.

La présentation de l’agence relève une progression de plusieurs couvertures. Elle indique notamment une vaccination antigrippale de 57 % chez les personnes de 65 ans ou plus, en hausse de trois points, et une couverture contre le Covid de 17 %. Ces deux indicateurs portent sur la saison documentée dans le bulletin. Ils ne sont pas un diagnostic individuel : un lecteur ne peut pas déduire son propre statut vaccinal d’un pourcentage national.

Les populations et les calendriers diffèrent selon les tableaux. Certains résultats concernent un âge, d’autres un risque médical ou une grossesse, d’autres encore les résidents et professionnels d’établissements. Comparer les taux sans préciser ces groupes conduirait à attribuer aux mêmes personnes des résultats qui ne portent pas sur elles.

Pneumocoque et zona : ne pas effacer le dénominateur

Le tableau consacré au pneumocoque estime à 26,2 % la couverture des personnes de 65 ans ou plus à haut risque d’infection au 31 décembre 2025. Le qualificatif à haut risque est essentiel : ce nombre ne représente pas indistinctement tous les habitants de cet âge. Le bulletin explique que le suivi de l’élargissement récent de la recommandation à l’ensemble des seniors nécessite un calendrier d’observation adapté.

Pour le zona, le document distingue une première dose d’un schéma complet. Au 31 décembre 2025, 8,8 % des personnes de 65 ans ou plus ont reçu au moins une dose, et 5,2 % ont un schéma complet à deux doses. Présenter le premier indicateur comme une vaccination complète gonflerait artificiellement le résultat. Ces valeurs figurent dans les tableaux nationaux du bulletin, et non dans une estimation réalisée par notre rédaction.

Ces différences montrent pourquoi une seule formule, les seniors sont vaccinés, ne suffit pas. Le taux doit toujours être accompagné de sa définition et de sa date. Les tableaux ne permettent pas non plus de conclure que les personnes non comptées ont toutes refusé un vaccin ou qu’une seule difficulté explique l’écart.

Des progrès ne disent pas tout des obstacles

L’agence rapporte également une hausse de la vaccination contre la coqueluche pendant la grossesse : environ 71 % en 2025 contre 62 % en 2024. Le bulletin précise le groupe étudié, les femmes ayant accouché pendant l’année, et la méthode de calcul. Nous ne présentons pas ce chiffre comme la couverture de toutes les femmes actuellement enceintes en France.

Dans les Ehpad, la présentation de Santé publique France situe la couverture antigrippale des professionnels autour d’un quart. Là encore, les personnels ne doivent pas être confondus avec les résidents. Une publication nationale peut signaler un sujet de prévention ; elle ne suffit pas à accuser un établissement précis de défaillance ni à déterminer les circonstances d’une transmission.

Le bulletin mobilise notamment les données du système national des données de santé et des remboursements. La méthode peut manquer certaines vaccinations non enregistrées dans les circuits observés. L’agence signale des limites pour certains indicateurs, en particulier pendant la grossesse. Nous écartons les interprétations qui traiteraient toutes les estimations comme des comptages exhaustifs, ou les comparaisons entre groupes différents comme une démonstration causale.

Analyse : suivre l’accès et l’organisation, sans réduire les personnes à un taux

Le meilleur argument en faveur d’un bilan public est la possibilité de suivre une politique autrement que par des annonces. Une série datée, avec un champ explicite, permet de voir une progression et d’identifier les résultats qui restent limités. La réserve est tout aussi importante : un chiffre ne raconte pas à lui seul les conditions d’accès, les parcours médicaux, les informations reçues ou les choix individuels. Le bulletin ne permet pas de répartir précisément ces causes.

L’efficacité de la prévention devrait donc être discutée avec des indicateurs cohérents et une attention aux situations concrètes. Notre suivi cherchera à distinguer l’information disponible, l’accès à un professionnel et l’achèvement du parcours recommandé. Ce sont des questions à documenter, pas des carences que cet article prétendrait avoir mesurées. Aucune origine territoriale ou sociale ne peut être attribuée à une personne sur la base de ces moyennes.

Pour un lecteur, la démarche utile est de vérifier sa situation avec un professionnel de santé, en tenant compte de son âge, de ses antécédents et des recommandations officielles. Cet article rend compte d’un bulletin ; il ne prescrit pas un vaccin et ne remplace pas une consultation. La photographie d’une pharmacie en 2016 est une illustration : elle ne représente ni une campagne actuelle ni un lieu dont la couverture aurait été évaluée.

Sources principales

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